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Ulm-LSH / Jourdan-SHS
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Jean Coulomb (1923 S) : Journal de la Libération de Paris (août 1944)
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Jean Coulomb est né en 1904 à Blida (Algérie) où son père, Charles, était professeur de lettres au collège et où sa mère, née Blanche d’Isalguier, dernière descendante d’une famille toulousaine et ancienne élève de l’ENS de Fontenay, avait créé et dirigeait la première École Primaire Supérieure (EPS) de jeunes filles d’Algérie. En 1910, on demanda à cette dernière, vu la réussite de l’école créée à Blida, d’installer à Alger la deuxième EPS de jeunes filles d’Algérie. Son mari, Charles, la suivit comme professeur au « petit lycée » de Mustapha, où Jean Coulomb commença ses études. Il les poursuivit au Lycée Thiers, à Marseille, où sa mère avait été nommée directrice de l’EPS de jeunes filles Edgar Quinet qu’elle dirigea durant huit années. Reçu en 1923 à l’École Polytechnique et à l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm, il choisit cette dernière avec quatre autres camarades de sa taupe.
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Agrégé de mathématiques, il s’intéressa d’abord aux équations différentielles et à l’algèbre quantique avant que Marcel Brillouin ne le recrute comme assistant de physique mathématique au Collège de France, où il prépara son doctorat, jusqu’à sa soutenance en 1931. Sa thèse principale porte sur les ondes de Rayleigh, sa petite thèse sur les ondes de Love. Il y introduisit des fonctions spéciales généralisant les fonctions de Bessel, qui demeurent connues sous le nom de fonctions de Coulomb. Tout en s’orientant vers la géophysique, il resta lié aux mathématiciens de sa génération et c’est avec huit d’entre eux (dont sept normaliens) qu’il participa à la création de Bourbaki, lors d’un congrès fondateur à Besse-en-Chandesse en juillet 1935. Il avait épousé en 1928 Alice Gaydier, Sévrienne de la promotion 1923. Professeur agrégé d’histoire et de géographie, le déroulement de sa carrière a été lié aux situations de son mari, entre Paris, Clermont-Ferrand et Alger.
Nommé en 1932 physicien adjoint à l’Observatoire de physique du globe de Clermont-Ferrand et du Puy de Dôme, il effectua des observations et recherches en géophysique et sismologie. Il était en outre chargé d’un cours libre à la Faculté des Sciences de Clermont-Ferrand. En 1937, il est nommé directeur de l’Institut de Météorologie et de Physique du globe de l’Algérie. En 1941, il est nommé professeur à la Faculté des Sciences de Paris (1941-1972) et directeur de l’Institut de Physique du globe de Paris (1941-1959) et directeur du laboratoire des recherches météorologiques à l’École Pratique des Hautes Études. En 1944, il crée les Annales de Géophysique, aujourd’hui fondues dans le Geophysical Journal International.
En 1949, il participa à la commission scientifique des expéditions polaires françaises. L’année suivante, la National Academy of Sciences proposa l’organisation d’une troisième Année Polaire Internationale. Avec André Danjon et le Père Lejay, il s’attache alors à mettre sur pied les expéditions antarctiques de l’Année Géophysique Internationale (1957-1958). Seul membre français du bureau du comité spécial de l’Année Géophysique Internationale, il assiste son président britannique Sydney Chapman et son secrétaire belge Marcel Nicolet.
De 1957 à 1962, il œuvra comme directeur général du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS). Membre de la Société Astronomique de France, il en fut président entre 1958 et 1960. De 1962 à 1967, il présida le Centre National d’Études Spatiales (CNES), devenant ainsi responsable de la politique spatiale française, notamment des satellites FR1 (1965), Diapason (1966), Diadème I et II (1967). Il avait été élu en 1960 à l’Académie des Sciences qu’il présida de 1977 à 1978. Membre du Bureau des Longitudes, il le présida de 1967 à 1971. Il était également président de l’Union Géodésique et Géophysique Internationale (UGGI). En 1972, il est nommé président du Conseil International des Unions Scientifiques (CIUS) dont il installe le siège à Paris.Texte écrit par René Coulomb, fils de Jean Coulomb.
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